MANU CHAO & WO ZNIA K

BUENOS AIRES 2015

         MANWOZ  - FONDATION JAN MICHALSKI 

                               Montricher  ,Suisse 7 oct.- 20 dec. 2014


MANU & CHAO...

             il y a la mer la bas au loin...

 

Hommes politiques, faits de société, cinéma ... Depuis près de 24 ans Jacek Wozniak croque l'actualité au Canard Enchainé.

 

Exercice de style tout à fait différent avec la sortie de « Manu & Chao », où le dessinateur polonais nous propose de plonger dans l'univers du célèbre chanteur latino avec lequel il collabore depuis plusieurs années. Livres, clips vidéos, expositions,... tous les supports artistiques sont prétexte à leur créativité.

 

 

 

Véritables topoï de la vie médiatique, les fossés entre la vie publique et la vie privée d'une célébrité donnent ici lieu à une très belle fable illustrée où la seule morale consiste à prendre du plaisir et à partager le monde merveilleux et faussement utopique de l'ancien leader de la Mano Negra.

 

Clichés inédits, bon mots et illustrations jalonnent les 144 pages d'un beau et long voyage, celui qui nous mène à José Manuel Chao.

 

Et qui d'autre que Wozniak, ami de longue date du clan Chao, pouvait mieux retranscrire avec légèreté l'envers du décor ? C'est à la suite de longues discussions, d'explorations communes, et de travail acharné que l'idée de « Manu & Chao » s'est imposée comme une évidence . Le musicien donne énormément de sa personne, sur scène et en dehors. Le reste est joyeusement dissimulé dans ce carnet de route d'un genre nouveau, entre une photo, un habile collage, une illustration ou un bon mot. « Sa mère prend de ses nouvelles à travers ses chansons » explique Wozniak avec ironie. Voir le monde à travers les yeux presque enfantins de Chao relève d'un pur moment d'évasion et de légèreté. L'œil aguerri par deux décennies de bouillon satirique hebdomadaire, le dessinateur prend un malin plaisir à reconstituer cette vison atypique d'une réalité cernée de couleurs, d'animaux imaginaires et de ses proches. On est jamais loin de la caricature et pourtant l'ensemble est criant de sincérité. Véritable Noé d'un temps qui lui appartient, il embarque régulièrement l'ensemble aux quatre coin du monde. Parfois pour fuir l'ombre pesante de son statut, et bien souvent, simplement pour bouffer la vie !

 

Bien qu'il vive au battement des rythmes qu'il créé, l'homme cultive le paradoxe de la rock star au grand cœur.. Tout le monde connait la bête de scène écumant les plus grands stades, et le leader, bien malgré lui, de la lutte alter-mondialiste. Bien peu le connaissent tel qu'il est. Ce personnage José Manuel Chao l'a crée presque naturellement, l'image qu'on lui prête n'étant jamais bien éloignée (?) de ce qu'il est vraiment. On le découvre ainsi militant discret pour l'obtention de droit citoyen des prostituées madrilènes, ou encore amoureux transit de La Colifata, patients psychiatriques d'un hôpital de Buenos Aires dont il loue une sincérité entre mysticisme et poésie du quotidien..

 

 

 

Comme le dit si bien Wozniak, « tout le monde voudrait vivre comme Manu Chao, mais Manu Chao vit comme tout le monde » ! Bien que ça ne soit pas tout à fait vrai, on s'octroie le plaisir coupable d'y croire. Page après page, sa vie devient la notre.... Encore une fois !

 

Mesdames et messieurs, je vous présente Manu Chao ...

 

 

 



... INKA, MALLORCA 2010



GUADALAJARA     ( Mexique )  2009 )

LOS AFICHES...


BARCELONA et PERPIGNAN  ... avril - septembre 2007


SIBERIE M'ETAIT CONTEEE....      LIVRE + le CD     2004 


BABEL,MENILMONTANT,JONY,ZEBDA...


manwoz - MANU CHAO et WOZNIA K

 

La peinture au service de la poésie pour aborder des thèmes aussi cruciaux que ceux des boats people et de la folie. C’est la première exposition en France du peintre Manwoz que l’on pourra voir à Perpignan, jusqu’au 28 septembre, puis à Casablanca, Paris, Valence, Toulouse…

 

À partir du 17 juillet et jusqu’au 28 septembre, à la médiathèque du quartier Saint-Jacques de Perpignan, aura lieu la première exposition en France d’un artiste dont on devrait entendre beaucoup parler dans les mois qui arrivent, puis dans les années à venir. Il se nomme Manwoz.

 

L’exposition, constituée de peintures sur toile, bois, tambour et autres objets est d’ores et déjà prévue comme itinérante après Barcelone et Perpignan, les prochaines étapes seront Casablanca, Paris, Valence, Toulouse…

 

Dans le panorama trouble de l’art contemporain, on peut, par moments, ressentir l’impression d’être revenu de tout, tant l’effort de provocation est devenu systématique et gratuit. Il est de plus en plus difficile d’être surpris, impressionné, voire même simplement touché par une oeuvre.

 

Les peintures de Manwoz sont apparemment simples, on n’y décèle pas de référence à des oeuvres significatives de l’histoire de l’art et elles ne constituent pas, à première vue, une provocation. En somme, si l’on n’y prête pas attention, ces oeuvres pourraient parfaitement passer inaperçues pour le public initié à l’art.

 

Mais en choisissant la salle d’exposition d’une médiathèque, Manwoz ne cherchait peut-être pas précisément à s’adresser à un public averti. Beaucoup d’artistes critiquent le public restreint, convenu et plutôt bourgeois des initiés qui fréquentent les lieux d’art que sont les musées, galeries, foires d’art contemporain… mais peu d’entre eux assument leurs critiques au point de ne pas y exposer leurs oeuvres et de s’adresser à un public plus large.

 

Pour s’adresser à un public non initié, les artifices ne sont d’aucune aide. Pour Manwoz, impossible de tricher, il faut aller à l’essentiel par le plus court chemin entre lui et les spectateurs de ses oeuvres.

 

C’est d’abord par la couleur que Manwoz capte notre attention. Des couleurs si vives, si intenses, qu’elles arrachent un sourire et excitent l’oeil. Puis, on distingue sans peine ce qui est représenté : sur la plupart des oeuvres de cette exposition, de jolies négresses longilignes et de petits poissons apparemment inoffensifs, ainsi que des mots qui s’organisent en phrases comme par coïncidence.

 

On laisse volontiers voguer son esprit d’un tableau à l’autre et c’est alors que les mots et les images prennent peu à peu leur sens : les poissons ne sont pas si inoffensifs qu’ils ne le paraissent ; peut-être innocents, mais ils attendent néanmoins que les jolies négresseslongilignes tombent à l’eau pour s’en nourrir. Cette fable, cruellement ironique, nous rappelle alors à la réalité de ces milliers de naufragés qui se noient chaque année en voulant atteindre illégalement les côtes de l’Europe.

 

En nous racontant ce drame, d’une manière si poétique, Manwoz l’humanise et parvient à nous émouvoir là où les informations avec leurs chiffres, leurs images et leurs explications ne font que banaliser l’horreur du quotidien.

 

Bien sûr, l’art a dépassé ce genre de préoccupation bassement matérielle depuis belle lurette pour s’accorder avec le cynisme de mise dans le monde civilisé, mais n’est-ce pas l’essence même de la poésie que de nous permettre de nous adapter à une réalité qui, sans elle, est si intolérable qu’on ne peut faire autrement que de la nier en y devenant insensible ?

 

L’autre thème, traité dans le cadre de cette exposition est celui de la folie. Manwoz avoue lui-même être fou. Cependant, cet aveu surprend lorsque l’on voit la grande lucidité avec laquelle il aborde ce sujet. Il y a toutefois un aspect de sa personnalité qui pourrait sembler pathologique, bien qu’en fait il n’est en rien gênant pour l’artiste: Manwoz est persuadé qu’il se compose de deux personnes différentes. Ce qui le conduit à dire: « Nous sommes deux à avoir travaillé sur ces peintures et c’est l’autre qui à le crayon magique. » Cependant, lorsque l’on croit parler à « l’autre », il nous dit « Ce n’est pas mon style et ce ne sont pas non plus mes couleurs, Manwoz est multiple, c’est une sorte de Frankenstein et son propos n’est pas seulement le mien. »

 

Le mystère aurait donc pu rester complet si Manwoz n’avait décidé, sans doute par honnêteté, de révéler les noms de scène de ses deux composants : Jacek Woźniak et Manu Chao.

 

                                                                                                                                                                                             Jean-Philippe Peynot

 

RAMON CHAO