MUSIQUE CLASSSSIQUE


                           KBW

KADENZA     BUREN   WOZNIAK

 

Philippe Montémont et le quatuor Kadenza élaborent un projet « musique et vidéo » avec Daniel Buren et Jacek Wozniak en collaboration avec Adelina Kulmakhanova pour la saison 2018/2019, le spectacle KBW.

 

 Associer le travail de deux plasticiens et d’un éclairagiste de renommée internationale à la prestation musicale d'un quatuor à cordes, en s’assurant du juste équilibre des arts et de la synchronisation parfaite entre la musique et la vidéo qui l’illustre est l'objectif de ces artistes et techniciens qui rêvaient chacun de partager leur art pour le sublimer.

Le quatuor garde une liberté d’interprétation à chaque prestation, les images étant projetées grâce à l’appui d’un chef d’orchestre « topeur » qui indique aux techniciens vidéo ayant développé des logiciels spécifiques le moment des changements de séquences générées par l’ordinateur en temps réel  (D. Buren) ou, éventuellement préenregistrées ( J. Wozniak).

 

Partir de la musique, et de cette formation mythique qu'est le quatuor à cordes, ne pouvait se faire sans Joseph Haydn, considéré encore de nos jours comme le «  père du quatuor à cordes  » tant il a contribué à l'émergence et à la consolidation de cette formation.

La soif d'expérimentation a permis à Joseph Haydn d'être à la fois le pont et le moteur de l'évolution musicale lors de la période classique. De ce constat est née la volonté d'associer au quatuor «  Les quintes  », une création de Daniel Buren, qui a lui aussi révolutionné son art grâce à l'expérimentation permanente dans son approche de l'abstraction et de ses compositions in situ. Cette proposition, qui réunit deux artistes que tout semble opposer, permettra de mettre en lumière leurs similitudes mais, surtout, de faire découvrir la lecture moderne d'un plasticien sur l'œuvre d'un compositeur incarnant le classicisme viennois.

 

La deuxième pièce réunissant plasticien et musiciens est le 8ème quatuor de Dmitri Chostakovich, plus important compositeur de quatuor du 20ème siècle qui, à l’instar de Joseph Haydn a fait de ce répertoire un des axes forts de son travail d’écriture en le positionnant au centre de son oeuvre. Il souhaitait en composer 24 mais est décédé après le 15ème.

«  Je me suis dit qu’après ma mort personne sans doute ne composerait d’œuvre à ma mémoire. J’ai donc résolu d’en composer une moi-même…  »

Par cette phrase le compositeur atteste que ce quatuor doit être perçu comme un journal intime retraçant l'oeuvre, les luttes et les angoisses de son créateur. Cette pièce fut écrite immédiatement après qu'il rejoignit le Parti communiste, et ceci, pour Chostakovitch, équivalait à la mort même. C'est Jacek Wosniak, illustrateur polonais qui, comme le compositeur, a utilisé son art pour lutter contre le système communiste alors en pleine crise et répression, l'obligeant à fuir son pays pour la France. Si tout semble, de prime abord, opposer Joseph Haydn et Daniel Buren, tout semble au contraire rapprocher Dmitri Chostakovitch de Jacek Wosniak dont le crayon permettra au public de comprendre l'oeuvre interprétée en dévoilant le discours qui se cache derrière une des œuvres les plus connues et les plus jouées du compositeur.  


Pour faire le lien entre ces deux quatuors de référence, une création de Jean-Pierre Raillat, compositeur associé au quatuor Kadenza depuis sa création qui a relevé le défi de relier ces deux pièces avec une œuvre aux inspirations diverses, mise en lumière par Philippe Lacombe, qui nous amènera naturellement de Haydn vers Chostakovitch

 

Un financement participatif ayant comme objectif de financer la composition de Jean-Pierre Raillat qui doit permettre de faire le lien entre Joseph Haydn et Dmitri Chostakovich a été effectué. Cette oeuvre de 20 à 25 minutes doit permettre de créer un véritable spectacle en continu et sera maintenue au répertoire du quatuor Kadenza à l'issue de ce spectacle.

 

http://quatuor.kadenza.free.fr

 

Haydn Quatuor en ré mineur n°2 opus 76 / « Quinten »
Illustration : Daniel Buren

Raillat Les Quintes du désespoir (création mondiale)
Philippe Lacombe, création lumière

Chostakovitch Quatuor en ut mineur n°8 opus 108
Illustration : Jacek Wozniak et Adelina Kulmakhanova

Dans ce spectacle, il n’y a pas d’un côté la musique et de l’autre sa mise en scène : Haydn rencontre le génie plastique de Buren. Les dessinateurs Jacek Wozniak et Adelina Kulmakhanova, maîtres des textures et des couleurs, se laissent guider par la partition de Chostakovitch tandis qu’entre ces deux séquences, s’en faufile une troisième : celle, inspirée par les musiques du monde, que déploient de concert le créateur lumière Philippe Lacombe et le compositeur Jean-Pierre Raillat. Ces noces se jouent en temps réel. Musiques et images sont synchrones. Une expérience où la musique devient volume, architecture, peinture.

Dégustation-découverte le dimanche 3 novembre à 11h à l’Abboutique :
Comment raconter l’osmose qui se noue entre une partition et un espace, comment faire de cet espace le prolongement plastique des notes qui se jouent ?
Découvrez les coulisses de la création en compagnie de Jean-Nicolas Richard, violoncelliste du quatuor Kadenza.





GUYANE                  decembre 2016

PARIS   theatre ADYAR    novembre 2016